Osons la joie !

La conscientisation des émotions

La conscientisation des émotions, un chemin vers la conscience, un incontournable des temps modernes, une nécessité en réaction et en réponse aux maux de notre temps… Tout nous invite aujourd’hui à plonger en nous, tellement la douleur devient forte par moments… accidents, meurtres, séparations, incompréhensions… La recherche de l’équilibre passe maintenant beaucoup par cette fameuse recherche de l’instant présent, un subtil équilibre entre le coeur, le corps et l’esprit.

On pourrait catégoriser trois grandes voies répondant à cette alchimie coeur-corps-esprit, à savoir la guérison émotionnelle, la méditation et la philosophie. Il s’agit des trois grands piliers expérimentés dans ma vie, mais il est probable que toute combinaison de ces trois éléments au sein d’une même pratique, ou tout le moins au sein de sa propre vie, forme un cocktail permettant la transformation rapide et efficace de soi, le but étant de libérer et faire circuler l’énergie.

Cette libération peut dès lors être obtenue par toute pratique énergétique bienveillante (cette notion méritant explication), ce qui aura pour effet de traiter l’individu dans sa globalité. Voyons ici ce qui concerne les émotions plus précisément. Tant de lectures et de ressources sont maintenant disponibles sur le sujet. Voici quelques stades de conscientisation des émotions que je suggère, sur base de mon expérience et de mon observation.

Emergence

L’émotion est subtile, elle se cache sous bien des couches parfois… elle émerge petit à petit, au fur et à mesure du chemin, de la libération et de l’augmentation en conscience, en sensibilité, en acuité du corps et de l’esprit. Par définition, une émotion non émergée n’en est pas une… puisque aucun indicateur ne me permet de reconnaître sa présence ! On peut dire d’un tel qu’il refoule ses émotions. Oui, celles dont j’ai conscience moi-même (ce qui me permet de les identifier chez l’autre), mais certainement pas toutes ! Je suis par ailleurs convaincu maintenant que nous refoulons tous nos émotions, et que cette émergence toute relative à chacun comme au sein de chacun, façonne l’individu, le conditionne. A ce stade, je vis, je subis ce conditionnement, dont le visage émerge peu à peu.

Toute la subtilité repose dans le fait que le conditionnement de notre société, notre individualité propre est basée sur les émotions, les interdits, la peur, et autres régulateurs nécessaires pour faire société. Une personne libérée de telle ou telle peur l’observera comme telle chez quelqu’un d’autre, tandis que celui-ci se défendra de se trouver dans la peur, puisqu’il s’agit de son propre conditionnement…

Reconnaissance

Par reconnaissance, j’entends par là l’attention accordée à la sensation ou la pensée derrière lesquelles se cache une émotion, et qui par là même va me permettre de détecter que je suis dans un état émotionnel, quel que soit son intensité. La reconnaissance implique donc une part de conscience, de présence à moi-même, comme un double de moi-même qui observe ce qui se passe et le dit. Ah, tiens, voilà une émotion… La reconnaissance, c’est aussi cet étape importante au cours de laquelle je m’approprie mon ressenti et je le déconnecte progressivement de la situation, de la personne en présence de qui s’est manifesté ce ressenti. Je passe de « tu es un manipulateur » à « je me sens manipulé ».

Reconnaître, c’est me désidentifier de l’émotion, m’en séparer, un peu comme la nécessaire séparation de ma mère étant bébé, ce qui me permet de la reconnaître.

Identification

Une fois l’état émotionnel détecté, il s’agit de le l’identifier, le nommer : est-ce que j’ai peur ? est-ce que je suis triste ? Dans un premier temps, il me sera utile de disposer d’un panel de mots pour préciser ce que je ressens, et passer progressivement d’une description mentale à une description ressentie. Progressivement, je passe ainsi de « je me sens manipulé » à « je suis en colère », en passant par « je suis perplexe » réduisant finalement tout état émotionnel aux trois émotions perturbatrices de base, la peur, la colère, la tristesse. Par la suite, je découvre que la tristesse et la colère ne servent qu’à protéger la peur… la seule émotion véritable, source de tout conditionnement et de toute croyance.

Acceptation

Cette étape est un peu une recette de vie et pourrait se placer comme une sous-étape de chacun des points mentionnés ici. Néanmoins, il me semble que l’acceptation soit intimement liée à l’extériorisation dans la mesure où j’ai besoin de reconnaître et accepter cet état émotionnel pour me permettre de le vivre d’une manière libératrice. Accepter ce que je ressens, accepter de ne pas pouvoir contrôler ce qui me traverse, et le laisser… traverser, justement.

Extériorisation

Ne dit-on pas de plus en plus qu’il est important d’exprimer ses émotions ? Les techniques d’expressions pullulent, qu’elles soient inscrites dans une démarche consciente de libération émotionnelle ou non : danse, clown, musique… mais aussi cri primal, expression verbale de ce « je suis en colère », taper dans des coussins… L’extériorisation est une étape importante, et c’est lors cette étape qu’il est possible d’activer consciemment la transmutation, qui peut se faire naturellement dans bien des cas, lorsque je me permets de la vivre jusqu’au bout.

Transmutation

La transmutation c’est en quelque sorte la libération de l’émotion. Elle peut se faire de manière tout à fait naturelle, sans en avoir spécialement conscience, lorsque je me permets de vivre l’émotion, et surtout, que je ne m’identifie pas à elle mais que je reste dans le ressenti sans tourner en boucle dans ma tête. Et je peux aussi la transmuter de manière consciente ! C’est, par exemple, ce que propose la méthode Tipi : prendre le temps de ressentir, de descendre dans le corps, vivre et décrire ce qui se présente, puis qui s’en va.

Il est aussi possible de faire cette opération dans le passé ou dans le futur ! Je t’invite à lire la page transmuter les émotions pour bien comprendre tous les détails de l’opération.