Osons la joie !

Des médocs pour une stabilité ? 

- 19h24

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14 septembre 2017 - 11h36

Il y a une semaine, j’ai recommencé à prendre un médicament thymorégulateur, Abilify, qui m’avait été prescrit lors de mon hospitalisation en mai dernier afin de réguler mon humeur, disons, déréglée. Il y a une semaine donc, j’étais dans un trou existentiel sans nom, tournant en rond à regarder des films enfermé dans ma chambre, alors qu’il s’agissait des derniers jours de mon voyage en Asie du Sud-est. C’est dans ce moment particulier que j’ai décidé, une fois de plus, que j’en avais marre et que je voulais que ça change. 

C’est que je commence à bien connaître ces cycles dans lesquels je me laisse emporter et qui me font revoir encore et encore les mêmes tréfonds de mon existence. Ces derniers temps, depuis le mois de mai à vrai dire, ce désespoir est plus grand, plus puissant que jamais, si bien que je me retrouve littéralement bloqué par moments. Je me sens alors dépressif, et je comprends et j’admets que j’ai besoin d’aide. Parfois un dialogue suffit, parfois pas, et lorsque je me retrouve prisonnier de moi même, je vois une frêle issue par la medication, à défaut de mieux. C’est à ce moment que je reprends mon traitement, et que (par cette decision là-même ?) mon état s’améliore dans les jours qui suivent. 

Le problème, c’est que quand ça va bien ou que ça ça mieux, je ressens comme un désintérêt pour le médicament, voire une certaine hostilité. Je ressens les effets secondaires de fatigue (au niveau de la tête essentiellement) et de fatigue visuelle, et cela m’encourage à arrêter la prise d’Abilify, ce médicament prescrit pour réguler les troubles de l’humeur de type bipolaire. J’ai joué comme ça quelques fois au cours des deux mois passés et de mon voyage en Thaïlande, jusqu’à cette situation de blocage au cours de laquelle j’ai admis que j’avais besoin de ce thymorégulateur pour le moment, et qu’il est important que je persévère dans le temps. 

En ce moment, je prends donc des médocs et je l’accepte enfin. J’aurai mis du temps à faire la paix avec ce malheureux demi comprimé d’Abilify qu’il m’a été indiqué de prendre chaque soir… car derrière la question du médicament se cache la question de la maladie. Combien de fois ne me suis je pas dit, au bord des larmes, qu’il faudrait que je prenne ce traitement, mais que je ne me sentais pas capable de faire le pas, d’accepter cette aide chimique ? Accepter de prendre cette médication, c’est avant tout accepter de l’aide donc reconnaître une faiblesse, une sorte d’handicap, comme si je n’étais plus complet, pour autant que je l’aie été, bref, présence d’une maladie, un trouble, un dysfonctionnement. C’est aussi accepter d’utiliser une voie chimique qui ne reçoit pas mes faveurs, pour tout une série de raisons. C’est enfin accepter une nouvelle dépendance, alors que je tâche de me libérer de mes dépendances et que c’est tellement important pour moi. Je vis donc en ce moment une étape importante d’acceptation. Mais pourquoi ? 

Ma priorité du moment, c’est de trouver une stabilité. Observer dans la durée que je suis capable de faire des projets, les tenir et les apprécier. C’était loin d’être le cas tous ces derniers temps, remettant régulièrement tout en question, parfois jusqu’à mon existence même. J’ai besoin de reprendre le fil de la vie, de me raccrocher au dernier brasier qui m’a habité, réchauffé, éclairé avant cette période particulière que je vis depuis le début de cette année. Et cette flamme dont je me souviens maintenant revient peu à peu, et par moments, je me demande même pourquoi je l’ai lâchée. Je suis parti trop loin, trop vite, j’ai considéré que tout ce dont j’avais besoin était déjà là, j’ai fait des choix et modifié ma vie rapidement, sans prendre le temps de tout ancrer, confronter, valider. Je me suis donc retrouvé éloigné de ce foyer que j’ai laissé reposer, et me voilà maintenant qui souhaite renouer avec ce projet qui m’habitait fin de l’année passée. Par nécessité ? 

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