Osons la joie !

Si j’étais expatouriste… 

- 07h25

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19 août 2017 - 18h07

Kampot, sud du Cambodge, réputée pour son charme et sa tranquillité, mais probablement aussi pour ses sorties et son ambiance nocturne en bord de rivière. Nombreuses sont les guesthouses sympas qui proposent des bungalows avec tous les services pour leurs hôtes d’un soir ou plus. Et parfois, ceux-ci restent et se font embaucher pour la haute saison ! Ils qqs àdeviennent alors des sortes de résidents permano-temporaires, des expatouristes qui semblent avoir trouvé par ici à la fois paix et enthousiasme, établis pour quelques temps dans un lieu bien éloigné de leurs racines, tant géographiquement que culturellement. Quelle vie mener en tant qu’étranger provenant d’un pays riche lorsqu’on plante quelques racines dans un pays pauvre ? Si j’étais dans le cas, quelle seraient mes occupations, ma manière d’être, mon rapport aux autres et à moi même ? 

Le premier élément qui me vient, c’est la langue. Je crois que j’aimerais avant tout comprendre et me faire comprendre et que j’apprendrais la langue khmer. C’est déjà une habitude en voyage d’apprendre rapidement quelques mots de base, bonjour, merci, au revoir, s’il vous plaît, etc. En Grèce en voyage en vélo, j’étais outillé d’une cinquantaine de mots et expressions après deux semaines. Quel plaisir de baragouiner ainsi dans une langue jusqu’alors inconnue. Mais avant tout, l’apprentissage d’une langue est source de rencontres dès lors qu’il est effectué en situation réelle. On mémorise alors le contexte en même temps que les mots, ce qui donne plus de poids à l’apprentissage. Si, en plus, on est motivé… « How do you say thank you in your language? » donne en général de bons résultats avec un sourire partagé en prime. Ceci étant, la petite application Cambodgien facile ou Thai facile permet elle aussi de faire entrer peu à peu la langue dans ses neurones lors de moments de solitude. 

Alors, pourquoi ne suis je capable, après quelques jours au Cambodge, que de dire merci ? Probablement parce que je reste coincé dans ma peau de touriste et que les motivations ou les opportunités de rencontre sont peu présentes dans ce contexte. Alors que je suis assis à 9h52 à la gare de Kampot pour attendre le train de 9h qui nous ramènera à Phnom-Penh, j’ai pourtant la possibilité d’engager la conversation avec mon voisin de banc, mais je ne le fais pas. Pourquoi ? Ce sont ces questionnements qui me limitent, probablement, une manière de penser les choses plutôt que de les vivre ? Alors je le regarde, j’attends son regard en retour et je lui souris, simplement. 

La seconde chose qui me vient, c’est l’envie de partager ce que je vis. Si je vivais quelques temps par ici, j’aimerais écrire, enregistrer, partager ce qui m’étonne, me réjouit, me questionne.. Comme je le fais déjà, mais peut être plus à la manière du gars qui propose plein d’infos et vidéos sur la Thailande (une sorte de blog incontournable pour qui est en soif de renseignements pour barouder dans le pays). Certains articles sont déjà orientés dans ce sens, mais plus sous forme de témoignage de vie que de conseils orientés vers des lecteurs. Qui va lire ceci d’ailleurs ? 

Un troisième point qui est présent, c’est l’envie d’avoir un point d’ancrage, un chez moi. Ici on peut louer une chambre avec coin cuisine pour 70$ le mois. Une solution intéressante vite rentabilisée qui permet de se poser et augmenter les chances de rencontrer des locaux, voire partager des bouts de vie ? En lien avec le logement j’achèterais une moto. Pas un scooter car le confort laisse à désirer, surtout sur les pistes une fois hors des routes principales, mais un engin qui me permette d’aller plus loin et plus confortablement. D’après mes renseignements, aucune taxe ou autre, pas même d’assurance, qui casse paie apparemment. 

Si je passais un peu de temps au Cambodge ou dans un autre pays, j’aurais envie et besoin d’un travail. Dans les pays chauds de l’Asie du sud-est, il ne serait idéalement pas trop physique, et j’aimerais y apporter quelque chose par ma condition d’étranger, comme par exemple la langue française. Je parle de travail et pas de wwoofing dans l’idée que je développe ici, de s’établir quelques temps sans pour autant être dans une démarche d’apprentissage que les échanges de wwoofing favorisent. Je crois que j’accepterais un travail qui ne corresponde pas totalement à mes idéaux, pour autant qu’il ait une plus value sociale et/ou environnementale. 

Ensuite, je me demande ce que je ferais de mes soirées… j’aurais envie de me faire des amis khmers. Je suis parfois interpellé par le regard que j’ai (qui peut s’amplifier en groupe) et la difficulté que j’ai de faire confiance aux autochtones, que ce soit au Cambodge, au Laos ou en Thaïlande (voir article antérieur).  Comment en effet vivre une relation désintéressée quand le contraste est si grand ? Comment ne pas être vu et me sentir vu comme un portefeuilles sur pattes ? Il est pourtant de ces expériences qui me montrent que c’est possible, mais que le doute reste toujours présent, même s’il diminue avec le temps. C’est ce que j’ai vécu lors d’une journée de tuktuk à Kampot. 

J’aimerais aussi développer mes aptitudes au massage Thaïlandais. Bien que le massage khmer me semble utiliser le même genre de postures, j’aimerais poursuivre ou commencer un nouveau cursus dans la continuité de ce que j’ai appris et dont je parle dans un article dédié au massage Thai. Que je vienne passer du temps comme expatouriste dans ces contrées ou pas, je sais que je veux développer ces capacités, où que ce soit ! 

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