Osons la joie !

Bienvenue au Laos

- 05h24

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8 août 2017 - 17h25

Descendant tranquillement le Mekong dans cette immense barque à moteur flanquée d’une centaine de touristes et de quelques locaux, je repense à notre arrivée au Laos avant-hier fin d’après midi. Comme imaginé, le bus pour Chiang Khong (voir article précédent)  s’est arrêté au croisement de la route menant au poste frontière, juste à côté des took took sagement garés, attendant leurs prochains passagers.  

Avec le troisième touriste du bus rencontré autour de cette question en fin de trajet, nous décidons de ne pas marcher pour cette portion de 4 km nous séparant de la frontière Thai et montons dans le tuktuk, qui me sembla vite présenter quelques problèmes d’embrayage. Ce n’est pas lui qui nous fera défaut mais bien la chaîne de transmission de ce curieux engin à trois roues qui cassera et bloquera les roues arrières. Nous n’allions pas très vite, fort heureusement, et nous voilà immobilisés au début de cette longue ligne droite nous promettant d’autres horizons. 

Une voiture s’annonce, quelques secondes après l’incident, sur cette même voie. Ni une ni deux, je tends le bras pour lui demander de nous charger en stop, préférant ne pas attendre le tuktuk de remplacement, et n’ayant pas encore payé le chauffeur. Nous lui lachons un « good luck » et continuerons ainsi le trajet dans la benne de ce pick-up moderne qui fera un détour pour nous déposer juste devant le bureau d’immigration. Quelques formalités plus tard, nous serons de l’autre côté, dans ce Noman’s land intermédiaire inhérent à toutes frontières, dont l’étendue est ici proportionnelle au prestige et à la grandeur du fleuve qui les sépare. C’est donc bien une navette de bus qui nous attend (pas le choix, apparemment. Pour éviter qu’on ne saute du pont ?) pour traverser le pont de la liberté et nous déposer côté Laos, ou nous serons accueillis bien simplement et sans aucune difficulté par les rares douaniers de service en cette basse saison.

J’ai la chance d’avoir une double nationalité ce qui me permet de voyage avec un passeport luxembourgeois. Je suis ainsi exempté pour 15 jours de visa au Laos, bien assez pour rejoindre le Cambodge comme prévu ! Pour la Thailande nous avions droit tous les deux à 30 jours, raison pour laquelle nous devions sortir du pays avant le 8 août. Ce droit est renouvelable mais difficile d’avoir des informations précises sur le nombre d’entrées et de sorties possible. Dans le doute, et par envie de découverte, nous descendons le Laos pour rejoindre le Cambodge et rentrer une deuxième et dernière fois en Thaïlande aux alentours du 20 août.

Une fois arrivés à HuayXay, quel bonheur de se retrouver dans une guesthouse entourés d’enfants ! Je réalise alors combien ils étaient absents tout au long de ce premier mois de voyage, comme s’ils avaient disparu de la circulation, probablement tout simplement parce qu’ils étaient à l’école, mais aussi parce que nous entrons ici dans un paysage plus rural. Je comprendrai rapidement que nous avons débarqué « par hasard » dans un lieu qui soutient les populations des montagnes en développant toutes sortes de projets avec elles. C’est dans ce contexte que nous avons passé la soirée à Daauw Home, bien entourés, dégustant notre premier repas Lao, puis s’invitent à jouer aux cartes avec les quelques jeunes ado également présents. 

Sabaidee, bien plus qu’un mot, une véritable expression de bienvenue, que je suis heureux de partager. J’ai l’impression de recevoir ici mes premiers bonjour gratuits, lancés par quelque enfant alors que nous marchons dans les rues. Dans le même temps, ce premier contact avec le Laos nous révèle aussi d’autres aspects qui ont déjà commencé à nous poser question… 

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