Osons la joie !

Un nécessaire équilibre ?

- 12h21

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14 juin 2017 - 12h23

Tout le monde sait jouer du piano ! C’est ce que j’ai compris tout à l’heure, en jouant pour la première fois dans un lieu public. Tout le monde sait, mais tout le monde ne peut pas. Pas tout le temps, pas de la même manière, pas avant que… quoi ?

Alors que j’entendais le son du piano dans le terminal de l’aéroport de Charleroi, je m’interrogeais sur sa provenance, je me questionnais déjà. Si c’est vraiment un piano en libre accès, est-ce que j’oserai jouer ? Que jouer ? Comment ? J’ai déjà été tenté il y a quelques temps à la gare de Bruxelles, je n’aurais jamais osé ! Alors j’ai procédé cette fois étape par étape, je me suis laissé vivre tranquillement pas à pas, me rapprochant de ce qui restera pour moi un grand moment.

Et ce grand moment me permet d’en vivre un autre, celui de cet instant, ces instant qui se succèdent au sein desquels je te partage ce que j’ai vécu, je décode, je comprends et je savoure, tout simplement.

Un nécessaire équilibre ?

Je me suis donc rapproché du piano, de ce jeune qui y jouait de beaux airs connus (genre Amélie Poulain évidemment), et je me suis agenouillé à côté de lui après avoir déposé mes bagages. En quelques secondes, le contact s’est établi. Après quelques minutes, je me suis assis à côté de lui pour l’accompagner, pianotant quelques variations sur les airs dont il gratifiait les passagers en attente de ces oiseaux de fer qui leur promettent d’autres horizons.

Ce jeune joue une heure par semaine et suit des cours depuis deux ans seulement. Il apprend des morceaux avec des vidéos sur internet, et ce sont ces morceaux là qu’il joue justement à tout le monde ici… absolument génial !

Je me suis ensuite retrouvé seul au clavier, et j’ai rapidement observé que malgré mon attitude légère et qui pouvait paraître naturelle, je ressentais des signes de stress évidents ! Ma peur se manifestait essentiellement dans les doigts… pas très pratique dans cette situation, mais combien révélateur ! J’ai compris directement que tout l’exercice, pour accéder à la joie, serait de libérer peu à peu ce stress afin que mes doigts puissent couler librement sur le clavier.

Cerveau gauche et cerveau droit

Note préalable : je ne connais pas grand-chose au cerveau gauche et droit, c’est ce qui vient dans l’instant et dont je n’ai pas envie de vérifier la validité… il s’agit de moi, c’est tout, et je suis curieux que toi, tu me parles de toi, de comment tu te sens fonctionner !

Quand je conserve cette peur, ce stress (cette situation est exactement semblable pour l’écriture), c’est mon cerveau gauche qui prend le dessus, et il ne faut pas grand-chose pour que la situation devienne médiocre : des notes choisies à l’avance, des mots sous-pesés qui expriment une idée déjà dépassée au moment où ils sortent, avec pour résultat une observation de la situation par mon cerveau droit qui envoie des symptômes de stress, qui sont, à leur tour, interprétés et renforcés par le cerveau gauche.

Situation médiocre ne veut pas dire mauvaise, simplement qu’elle est relativement planifiée et s’écarte donc de l’instant présent, ne tient pas compte de tout ce qui est présent dans l’instant puisque le mental s’envole dans le futur et le passé pour construire ce présent et l’influencer.

Ces nouvelles notions qui m’apparaissent alors que je pianote sur le clavier (de mon ordinateur cette fois) me suggèrent une nouvelle relation, une nouvelle manière de décoder mon fonctionnement et de l’expliquer : les sensations dans le corps sont générées et décodées aussi bien par le cerveau gauche que par le cerveau droit, aussi bien par le mental que par l’intuition. Toute la subtilité, toute la nécessité afin de vivre de manière équilibrée, réside dans la co-évolution indispensable de ces différents éléments et leur intégration.

Je suis en ce moment dans cette phase d’intégration, après avoir énormément ouvert mon esprit ces dernières semaines, ayant développé mon cerveau droit, ouvert mon coeur à d’autres réalités. Mon mental, mon égo, mon cerveau gauche s’est mis à battre le beurre, alors que le développement s’accélérait, et que mon mental interprétait ce développement comme une auto-reprogrammation de mon être tout entier. C’était tellement puissant qu’il avait besoin de le crier haut et fort !

Mes écrits, mes enregistrements, les notions qui me sont passées par la tête et que j’ai matérialisées sont symptomatiques : il s’agit bien du cerveau gauche qui prend le dessus par moments très clairement, avec ce besoin de tout décoder, découper puis recomposer dans un sentiment de puissance, tandis qu’à d’autres moments mon cerveau droit est prépondérant avec de la poésie, des émotions intenses et une vulnérabilité insoupçonnée.

Dans les deux cas, ces déséquilibres sont de grands moments de créativité, ceux que je nomme pour le moment « folle écriture » ou « poésie-réalité » voire « rions jaune », tandis que lorsqu’une subtile interpénétration de ces deux univers est suffisamment équilibrée, c’est plutôt du « décodage philosophique », comme le présent article. Enfin, le climax serait probablement l’observation paisible de mon vécu et de celui des autres, du partage, de la beauté, de la joie authentique, bref, observer les choses telles qu’elles sont réellement !

Tout cela fait partie de moi, puisqu’il ne s’agit que d’une succession de moments, de complexes quantico-chimico-émotionnels qui évoluent sans cesse et qui forment ma personnalité, par définition fluctuante ! C’est ainsi que se crée la bipolarité ou la schizophrénie, lorsque ces compensations gauche/droite sont trop importantes, cette bataille trop intense, alors que l’équilibre se trouve dans l’harmonisation de ces deux pôles… tiens donc, on dirait qu’on parle politique, une fois (ou des fois, c’est selon) ?

Pour revenir à cette expérience de piano dans l’aéroport et mon auto-observation… je n’ai pas osé enlever le panneau avant pour libérer le son (plutôt par peur d’une remarque… de qui finalement?), mais j’ai tout de même soulevé le couvercle et me suis mis à me dandiner en jouant, autant de signes qui montraient, à mon cerveau gauche, que je devenais de plus en plus à l’aise, que je me rapprochais, en quelque sorte, de l’instant présent.

Templusion

Pourquoi dire que tout le monde sait jouer du piano ? Parce que c’est ce que j’aurais pu répondre à la dame à qui j’ai proposé de jouer tout à l’heure et qui m’a répondu « je ne sais pas jouer ». Chère madame, voici ce que j’en comprends. Tu ne sais pas adopter l’attitude que tu connais habituellement face au piano, à savoir pianoter des morceaux structurés connus avec une aisance relative… et tu prends alors une autre attitude que tu connais habituellement face au piano, celle de dire « je ne sais pas jouer » et de rester en retrait. Tu ne peux donc pas jouer du piano. Et pourtant, il te suffirait de t’approcher et de faire ce qui te semble bon !

L’équilibre est là, en chaque instant, et il est nécessaire de le reconnaître, de reconnaître qu’il n’est pas la reproduction fidèle de celui présent l’instant d’avant. Il est donc illusoire dans ce contexte mouvant qu’est la vie, de se baser sur un moment précis, une attitude-type à adopter, un ressenti particulier qui répondrait, de manière équilibrée, à une situation donnée. La vie est une véritable expérience qui se modifie sans cesse, qui fluctue, qui évolue d’instant en instant, et toute sa beauté réside probablement dans la capacité que nous avons à en saisir… l’insaisissable.

Puissions-nous nous aider les uns les autres, afin de passer de « je ne sais pas » à « je veux essayer », et le faire ! Puissé-je être de ceux qui facilitent ces rencontres entre les Êtres et leurs merveilleuses capacités, un révélateur de la beauté de chacun(e), un témoin de ma propre beauté, bref, libre, joyeux et vivant !

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