Osons la joie !

Porter un regard neuf

- 09h53

Dernières modifications :

14 juin 2017 - 12h35

Porter un regard neuf sur les choses, ce peut être découvrir le monde, se découvrir soi comme si on ne se connaissait pas. Mais est-ce possible ? Il est en tous les cas possible de s’y entraîner, et de plus en plus d’éléments nous y invitent aujourd’hui. Les nouveaux objets font foison, les nouvelles situations, de plus en plus complexes à appréhender, également. Ne serait-ce pas l’occasion de changer de regard, porter un regard neuf sur ce qui m’entoure, laisser le poids du passé, revoir mes croyances, modifier mes perceptions ?

porter un regard neuf

Plutôt que de me laisser submerger par les émotions et les souvenirs liés aux associations d’idées que je fais lorsqu’on me présente un nouvel objet, ne serait-ce pas intéressant d’en saisir la substance, l’atmosphère du moment, l’intention du présent, bref, me sentir comme un bébé qui découvre le monde qui l’entoure ? Dans ce contexte évidemment, les émotions de l’adulte, bien souvent refoulées (pour simplifier…) laissent place aux émotions de l’enfant voire du bébé, ce qui peut donner… des situations instables, voire inquiétantes, mais tellement surprenantes et puissantes !

Lorsque je porte un regard neuf de cette manière, je ressens comme un double mouvement : celui de me différencier, comme une nécessité, comme un jeu, un enjeu d’être différent, mais en même temps la nécessité vitale de me sentir rejoint dans ma réalité du moment. Parfois, mon cerveau s’embrouille, comme s’il avait été libéré trop tôt, trop fort, pas comme il faut… puis je reviens, on se rejoint, on partage encore et encore de nouvelles libertés communes, suite à l’épreuve traversée.

La fraise Tagada

la fraise tagada

Voilà un exercice magnifique, que j’ai considéré comme un de ces moments charnières, qui créent un avant et un après. En ce qui me concerne, mon véritable rapport à la fraise Tagada remonte donc au mois de mai 2017, alors que je suis en formation philosophie et méditation pour les enfants. La formatrice, habituée à travailler avec un public adulte surefficient, nous invite à fermer les yeux, et porter un regard neuf sur l’objet qu’elle va déposer dans nos mains. Pour moi, il s’agit de me placer dans la posture d’un bébé qui découvre pour la première fois quelque chose.

Je n’imaginais pas que je le vivrai de cette manière, avec une telle intensité, avec un tel engouement, une telle joie ! Je ne vais pas décrire en détail cette expérience par écrit dans la mesure où j’en parle dans la vidéo qui suit (et dans l’improvisation sonore également), que je t’invite à visionner, si tu souhaites, toi aussi, percer les mystères de la fraise tagada ! On grandira plus tard, c’est exactement ça, mais pas dans ce sens là… car si on remonte plus tôt dans son passé on comprend que la fraise tagada, il n’y a pas plus de raison de la manger que d’en faire autre chose, finalement !

Le test de Rorschach

Lors de mon hospitalisation au mois de mai en clinique neuro-psychiatrique, j’ai passé le fameux Test Rorschach. Je ne l’avais jamais vécu, simplement vu dans des films à l’occasion, et encore tout récemment dans une scène au sein de laquelle un petit enfant ne savait juste pas quoi dire, parce qu’il semblait avoir peur de donner une mauvaise réponse… alors que le Test Rorschach consiste, justement, à dire ce que l’on voit, dans l’immédiat, sans qu’il y a de bonne ou de mauvaise réponse, d’une certaine manière. Ce sont simplement des tâches d’encre sur une feuille qui a été pliée en deux, et qui présentent donc toujours une symétrie axiale.

Lorsque j’ai passé le test, j’ai eu beaucoup de plaisir lister les choses qui venaient à moi tranquillement, faisant confiance au psychologue qui m’assistait et collectait mes dires dans un coin de feuille, discrètement et méthodiquement. Bien que l’atmosphère était sereine, je me sentais comme dans l’envie de lister le plus de choses possible, comme un exercice dont ce serait l’objectif, tout en lâchant prise à la fois sur ce résultat. Ainsi, une planche ou l’autre m’aura donné du fil à retordre, ne voyant parfois qu’un ou deux motifs évidents dans un premier temps.

C’est donc parfois lorsque j’attends et que je ressens, que vient ce regard neuf, comme une contemplation, une méditation dans l’instant, au sein de cet exercice sans nom finalement. Je savoure alors mon plaisir du moment qui est, justement, de révéler mon imagination et ma créativité comme jamais auparavant. Et tant pis si ce qui en ressort c’est que je suis déséquilibré, ou que je dois faire attention, car c’est présent, et dans mon authenticité du moment, je ne veux pas le masquer, je ne veux pas tricher.

Le test Rorschach

Le test de Rorschach, c’est une bonne manière d’observer à quel point je suis capable de porter un regard neuf. Le fameux papillon est-il vraiment un papillon ? (est-ce d’ailleurs la bonne image pour parler du papillon ?) Est-ce la première chose que je vois ? Combien de temps m’attarde-je dessus, combien de temps avant qu’une autre représentation se présente à moi ? Est-ce que je fais un commentaire si je reste calé sur le papillon ? Est-ce que je bouge ? Quelle est l’intonation de ma voix ? Ma respiration ? etc.

Pour moi, il y a tant de paramètres observables qu’il serait juste impossible et complètement réducteur de m’enfermer au sein d’une pathologie, une psychose ou quoi que ce soit. Le test Rorschach, conçu par le psychiatre éponyme, prévoit une grille de diagnostic basée sur des pourcentages tenant compte d’une partie de ces paramètres. Une véritable évaluation complète nécessiterait une observation filmée, assortie de capteurs cérébraux, de l’observation du souffle, des ondes électromagnétiques, bref, une procédure qui combine et agence bien plus d’éléments.

Je parle de me sentir enfermé, et oui, le truc que je souhaite plus que tout, apparemment, c’est incarner cette fameuse maxime : il est libre, max ! Et ma liberté ne s’arrête pas où commence celle des autres, que du contraire…

Un tel test en perdrait son sens, je te l’accorde ! C’est pourtant ce que j’ai appelé de mes vœux lorsque j’étais dans la tourmente, peu avant ladite hospitalisation. Avec un peu de recul, je confirme l’intérêt de la chose (un super-test global) et en même temps son inutilité puisque ce que je souhaite au-delà de tout, c’est mieux me comprendre pour mieux m’aimer, me distinguer tout en restant suffisamment semblable que pour vivre en « société », bref, m’aimer et aimer les autres du mieux que je peux, et apparemment la barre serait fixée bien haut…

Il existe maintenant des algorithmes qui permettent de prédire les troubles psychotiques, sur base d’expression libre… intéressant de remarquer que la psychose s’empare de l’informatique, et curieux de voir à quel point nous allons tous devenir psychotiques, si nous ne le sommes pas déjà !

Alors, à toi qui vois toute une série de choses dans ce fameux dessin, je te tire mon chapeau, car ce serait une caractéristique maniaco-dépressive, parait-il… mais avant tout, une expression puissante de la créativité ! Profitons de cette opportunité, de cette liberté pour nous créer des outils, des contextes, des occupations qui nous permettent par là même de nous protéger de notre propre folie, en attendant que l’espace de liberté dont nous disposons soit comprise et rejointe par celle notre entourage, ce qui, finalement, n’est qu’une question d’espace, ou de temps.

En attendant, puissions-nous transmettre ce regard neuf sur les choses, sur l’utilisation du Test Rorschach et de la Fraise Tagada, car il s’agit bien souvent de notre manière d’être au monde, notre manière de vivre dans l’instant. J’ai donc plaisir à t’imaginer, ami lecteur, me rejoindre dans cet univers de la créativité, que j’ai l’impression de découvrir seulement à trente-trois ans, mais qui fait peut-être déjà partie de ton univers depuis tout petit ! Alors échangeons, discutons, partageons notre regard sur la FraiseTtagada et le Test Rorschach !

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