Osons la joie !

Réparation d’une Renault 4L

- 08h04

Dernières modifications :

8 juin 2017 - 06h25

Lors de mon hospitalisation les deux semaines passées, il m’est apparu l’importance d’avoir quelques projets, de cesser de vivre d’instant en instant… pour le moment. J’ai donc besoin de planifier des petites choses concrètes, comme du bricolage, avec la réparation d’une Renault 4L, mon occupation du moment.

La pauvre s’est couchée sur le flanc… aile enfoncée, portière et rétroviseur défoncés, montant cabossé, pare-brise bombé, bref, pas joli joli même si elle s’en est finalement bien tiré ! Non pas sans égratignures, que du contraire ! Alors, on répare, on soude, on panse, on chouchoute, on cajole… on devient méditant mécano, mécaditant, quoi !

Réparation R4

Le travail principal c’est de détordre le montant central puis le montant du pare-brise, qui était sorti hors de ses gonds. Pour cela on utilise un treuil et on raccorde la voiture à un arbre, celui qui sert à détordre les voitures ici, car ce n’est pas la première qui y passe, loin de là ! Tout l’art est d’identifier le bon endroit où tirer ainsi que le bon angle de traction. Ensuite, ça va tout seul en principe, il faut juste avoir confiance, se faire confiance quoi.

Pour travailler sur le montant du pare-brise et passer la corde afin de détordre cette pauvre R4, il était nécessaire de démonter le pare-brise. La technique des deux pieds… qu’on a fait un peu rapidement, dans l’engouement de la réussite de l’exercice précédent ! Résultat, pare-brise explosé, moral dans les chaussettes le temps d’un instant, de comprendre ce qui s’est passé !

La technique des deux pieds, à ne pas confondre avec celle utilisée celle en animation de groupe utilisée au sein du forum ouvert (à savoir changer de groupe de travail lorsqu’on le souhaite), consiste à se caler confortablement dans le siège de la Renault 4L et pousser avec les deux pieds bien écartés sur le pare-brise afin de le faire sortir…

On est donc allé un peu vite, sans faire attention à ce qui le retenait… car il avait été collé, le joint, de l’autre côté, et par derrière… c’est pourtant ce que j’avais commencé à faire, passer le cutter entre le joint et la carrosserie, mais je me suis interrompu lorsque j’ai pris connaissance de cette technique pour démonter le pare-brise de la 4L, puis j’ai oublié que j’avais, moi aussi, du bon sens !

Prochaine fois qu’on attaquera un truc délicat comme ça, on attendra d’avoir une personne ressource à côté de soi, où on regardera sur le web ceusses qui ont déjà fait pareil, ou… tout simplement, on prendra le temps et on se fera confiance, hein.

Nous voilà donc pare-brise explosé. On cherche alors les solutions, le pourquoi laisse place au comment. Trouver un pare-brise de 4L d’occasion ? Première idée. On fait les petites annonces, seconde main, ebay… pas trouvé. On imagine la possibilité d’en faire découper un dans une miroiterie, une fabrique de vitrages… on pense aux casses, puis on en contacte une spécialisée Renault, l’air de rien, sachant très bien que c’est jour férié. Le lendemain, je reviens avec un pare-brise de Renault 4L sous le bras !

Ce n’est pas donné un pare-brise de R4, car cette tuture devient rare, en Belgique en tous cas, puis comme me dit le gars, les pièces partent aussi pour le fameux 4L trophy ! Alors titine, à quand cette grande expédition ? Mmmmh ? Non ?

Je profite que le garage soit disponible pour terminer de démonter le pare-brise tranquillement, puis je m’occupe des réparations de carrosserie.

Débosseler la carrosserie
Pour cela, les outils de carrossier sont bien utiles. Ces tiges qu’on insère à travers le tôle, après avoir foré un trou légèrement plus large que le diamètre de la tige, afin d’aller débosseler depuis l’arrière tout en faisant levier sur la tôle elle-même. Ceci dit, l’outil le plus utilisé pour débosseler cette Renault 4L, aura été le marteau de carrossier avec son contre-poids, qui doit porter un nom tout particulier.

Une fois les grosses bosses enlevées, on passe donc avec cette technique sur toute la surface où c’est possible afin de l’adoucir. On ponce les grattes, on soude où c’est nécessaire.

Réparation Renault 4L étape 1

L’étape suivante, dans mon cas, consiste à combler les aspérités restantes avec de l’enduit, ce que j’adore faire ! On place la pâte en la lissant avec une spatule plus ou moins grande, on attend qu’elle durcisse, on ponce, un coup de soufflette et on recommence. Par la suite on peut aussi utiliser des pâtes moins grossières mais dans mon cas il n’était pas souhaité d’atteindre un tel niveau de finition.

Réparation Renault 4L étape 2

Une fois la surface reconstituée de la sorte, un petit coup de primer et le tour est joué ! Evidemment on préférera du primer blanc dans notre cas, mais c’est celui qu’on avait sous la main, comme on dit, alors… on peindra plus tard en blanc, ou pas !

Réparation Renault 4L étape 3

Remonter le pare brise

Pour remonter le pare-brise de la R4, il faut d’abord placer le joint autour du-dit pare-brise, puis insérer, dans la fente qui viendra accueillir le montant, une ficelle ou un câble électrique. En tous les cas quelque chose de costaud et pas trop gros. L’idée est de faire tout le tour avec cette corde qui servira à dérouler le joint sur le montant une fois le pare-brise mis en place ! On insère donc le pare-brise de la Renault dans le montant bas de manière correcte, puis une personne le maintient en pressant dessus vers l’intérieur et vers le bas, paumes écartées et bien à plat sur le vitrage.

Après avoir préalablement savonné le joint par dessus la corde, l’autre personne, depuis l’intérieur, va tirer sur le câble (tout en maintenant ou tirant sur le deuxième bout également), ce qui aura pour effet de dérouler le joint tranquillement le long du montant et par conséquent fixer le pare-brise ! Le petit bout qui reste, à l’endroit du départ de l’opération, sera écarquillé en douceur à l’aide d’une petite clé alen montée sur une pince grip, ou tout autre ustensile qui permettra de dérouler le morceau restant de joint du pare-brise de la 4L.

Il restera alors à replacer la seconde partie du joint, la partie extérieure qui vient consolider la première, et dont l’insertion peut être facilitée, elle aussi, par du WD40 ou du savon. Une main joue avec le joint afin de le faire entrer dans l’autre, tandis que la seconde appuie et suit le travail de la première. Chacun trouve la technique qui lui convient !

Conclusion de l’apprentissage

On peut évidemment aller beaucoup plus loin dans la finition et la précision, que ça soit en ce qui concerne la carrosserie, que dans le présent article afin de relater le travail ! Le tout est de tenir compte des besoins du moment, tant pour la finition souhaitée que du temps disponible, l’envie d’expérimenter plutôt tel ou tel aspect du travail… En ce qui me concerne cette fois, c’était une confirmation que je suis capable de ne pas atteindre la perfection et me contenter d’une réparation suffisante mais qui reste loin de la finition dont je me sais capable.

Un peu comme un apprentissage de l’humilité, celle qui se présente discrètement à moi au moment ou je pourrais prouver quelque chose et que je ne ressens pas le besoin de le faire. Quelle joie et quelle légèreté de travailler dans ces conditions ! Tout est source d’évolution, comme j’aime le dire. Je suis surpris de ce qui ressort de cette expérience, en ce compris la rédaction de cet article et les opportunités d’analyse et d’apprentissage complémentaire que cela permet !

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