Osons la joie !

Les émotions, source de guérison

- 10h40

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2 juin 2017 - 11h19

J’ai eu besoin de passer par bien des pratiques, des recherches, des prises de conscience progressives pour en arriver à retourner vivre ma naissance plusieurs fois de manière intense et surtout, libérer d’énormes charges émotionnelles qui y étaient liées. Il me semble dès lors utopiste, de considérer qu’il soit possible, ni même souhaitable pour chaque personne, là où elle en est, de plonger de cette manière au cœur de son existence.

Le philécrieur : C’est ce que j’ai mis du temps à comprendre et sur quoi je reviens encore et encore, comme des spirales en circonvolution sur elles-mêmes et entre elles, donnant l’impression de revenir régulièrement au même endroit, mais à chaque fois de manière différente, plus ancrée, plus puissante. Et c’est toute la difficulté dans cette histoire !

C’est pour cela que, pour moi, toute pratique est utile et source d’apprentissage, toute situation, pour finalement tendre de plus en plus vers ce fameux « instant présent » au sein duquel tout est créativité, compréhension, émerveillement, cet espace du domaine du rêve, ou les minutes se transforment en heures, les jours en semaines.

Peu à peu, je décode mes propres mécanismes internes et, par l’expérience, je comprends ce qui était illusion de ce qui ne l’était pas, ce qu’il m’est utile de conserver ou pas… et cela m’appartient, c’est ma réalité, que je peux décider de changer, ou pas. Alors j’ai quand même envie de me dire : ose la joie, ose aller là ou se trouve la flamme en toi, va rencontrer tes envies/peurs une à une, les observer, les questionner, les libérer, et tu découvriras ce qui se cache derrière et que tu n’imaginais pas !

Quelques petits trucs parmi d’autres, pour éveiller mon esprit lorsque je me sens dans le doute : Quelle était ma première idée et d’où sont venus les arguments qui l’ont remplacée ou démolie ? Si tout était possible, que ferais-je ? De quoi ai-je besoin ? Alors je chante, je danse, je joue, je ris, je dors, je prie, bref, je fais tout ce qui me semble bon, mais avant tout et pendant tout ça… je respire (pas toujours facile !).

C’est ainsi que des exercices, tels celui à la rencontre de ses rêves et passions d’enfance, sont très intéressants car ils sont « concrets », indépendamment de toute considération émotionnelle ou autre… Quoi de plus agréable que se remémorer les moments agréables de ma vie ? Et pourtant, bien souvent, nous nous accrochons à quelques rares souvenirs joyeux, comme des bouées auxquelles se raccrocher parmi toutes ces expériences plus déplaisantes que notre corps a emmagasinées.

Guérir par les émotions

Ces expériences « engrammeés » nous guident au quotidien, sans que nous en ayons forcément conscience ! Il s’agit de notre conditionnement, nos croyances, nos émotions qui forgent notre personnalité, finalement, au sein de la société. C’est pour cela qu’il est inévitable, lorsque je nettoie ma vie, de changer de contexte, d’entourage, d’amis, et parfois même de famille… 

Fort heureusement, le lien avec la famille est tellement fort, ce fameux lien du sang, qu’elle me ramène sur la voie, cette voie médiocre d’une certaine manière, cet espèce d’espace vivable au sein duquel on serait étiqueté border-Line plutôt que bipolaire ou schizophrène. Ce processus est important et bénéfique, car par lui-même me protège d’un éloignement trop important qui me ferait sombrer dans la folie. Pour cela, des « efforts » constants de part et d’autre sont nécessaires, et tellement salvateurs ! Ceci afin de créer ce lien d’authenticité et de douceur dont la personne bipolaire a tant besoin pour lui éviter de passer cette frontière au-delà de laquelle, vraiment, elle devient bipolaire et se sent enfermée…

C’est donc ce que je crie depuis quelques semaines, voire quelques mois, chaque fois de manière différente : la bipolarité n’existe pas, elle n’existe pas pour moi, si ce n’est par le contexte qui la crée, dans la mesure où il s’agit d’une étiquette qui est apposée lorsque le décalage est trop important ET que la famille n’est pas parvenue à surmonter son propre conditionnement afin de rejoindre le malade dans la confiance, et inversement bien entendu !

La question émotionnelle prend alors une place centrale… car la peur est centrale dans ces instants. La peur pour la personne, à cet instant border-Line, de se faire enfermer et conditionner, tandis que pour son entourage, c’est la peur inverse, bouleversé dans ses repères, ne comprenant plus la logique et n’étant plus capables de prévoir le comportement de la personne glissant vers la bipolarité ou la schizophrénie. Et voici toute la subtilité de la chose… la personne bipolaire ou schizophrène qui dispose d’une conscience suffisamment importante d’elle-même (de son passé et de ses guérisons), peut probablement exprimer ce genre de choses, et relier de manière très précise et concrète les événements de son passé, sa naissance, sa conception… au trouble bipolaire ou schyzophrène.

Il convient alors de réaliser, pour cette personne en situation border-Line, de comprendre qu’il s’agit à ce moment de son auto-guérison, comme une ultime étape de compréhension et de guérison au-delà de laquelle toute médication deviendra probablement inutile et inappropriée. C’est en tous les cas ce que je vis en ce moment, après dix jours d’hospitalisation dont la moitié en pleine forme et globalement bien équilibré, rejoignant en cet instant une personne proche dans sa propre souffrance et sa maladie, qui se déclenche, justement, maintenant, et me permet d’étudier, d’affiner tout ceci.

La bipolarité est comme un système de protection que je me suis construit pour survivre aux attaques extérieures qui m’ébranlaient. Pour éviter les crises, nous devons apprendre à être maîtres de nos émotions.

Mon cœur bondit, mon corps vibre tout entier, lorsque je reçois ce message d’un être proche qui porte sa maladie depuis plus de vingt ans, et qui, depuis quelques temps, fait des bons de géant vers la guérison. Mis à part une nuance – la notion de maîtriser ses émotions – ce que je lis, ce que j’entends et que je comprends résonne tellement avec ma propre expérience et avec cette bipolarité que je décris… sans vraiment y entrer. Un peu comme un processus de guérison mutuelle au sein duquel nous en venons, maintenant, tous deux, à bousculer la famille… avec toute la douceur dont nous sommes capables, d’instant en instant.

La clé des émotions, dans la bipolarité et toute autre maladie, n’en serait pas une, si ce n’est pour celui qui la vit et qui en vient à comprendre et guérir les émotions de son enfance et de sa propre gestation. Les hôpitaux, les médecins, les médicaments, tout est donc bien nécessaire, finalement, mais probablement plus lorsque le malade bipolaire ou schizophrène prend conscience lui-même de tout ce qui est décrit ici et du mécanisme de sa propre bipolarité !

C’est là que se joue alors cet espère d’auto-nettoyage émotionnel associé à un grand et beau nettoyage en famille, une belle et subtile rencontre sous des apparences parfois bien déroutantes et difficiles, pourtant tellement nécessaire. J’envoie ici un mot d’espoir, un remerciement, un mot d’amour à toute ma famille… n’ayons pas peur les uns des autres, faisons chacun confiance en ce que l’autre exprime… nous détenons chacun une part de la vérité commune, et cette vérité nous devons la construire ensemble. Elle ne sera équivalente à aucune des vérités individuelles que nous portons, nous avons donc notre propre et inévitable chemin d’humilité !

 

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