Osons la joie !

Oser la confiance

- 09h43

Dernières modifications :

6 juin 2017 - 10h08

Après un épisode de quelques jours de tourmente lors desquels je me suis enfermé dans un schéma mental qui me demandait d’extérioriser de la colère envers la féminité, la femme, ma mère, la terre… après avoir lancé des cris, me déclarant bipolaire et déclarant que la bipolarité n’existe pas, j’ai été « secouru », « rapatrié », « ramené » en Belgique. J’ai vécu tout au long du voyage un jeu subtil de calcul et de stratégie organisé pour moi – ou une subtile danse de l’amour – avec l’intention cachée de m’emmener aux urgences et de me faire admettre en hospitalisation, probablement de force et peut être avec un retrait de mes droits civiques !

Ce parcours, ce voyage intermédiaire entre les cris d’espoir, de désespoir et de folie apparente, est relaté, d’une certaine manière, dans un article intitulé bipolarité et manipulation, au sein duquel je décris les mécanismes que je perçois au sein de ces moments particuliers.

Lors de cette longue journée, une certaine paix était présente, mais sur fond de doutes et de suspicion, bien justifiés ! Je comprends alors que l’idée est de me tester en situation réelle, comme je le demandais. Une fois arrivés aux urgences, j’ai senti de la joie venir, enfin, car une nouvelle piste s’ouvrait à moi, comprenant qu’il s’agissait pour moi de m’adapter, de développer d’autres aspects de mon être pour rejoindre mon entourage dans leur propre souffrance.

Tout l’enjeu pour moi était de ne pas me faire enfermer, d’une certaine manière, mais surtout et avant toute chose de cultiver cette paix intérieure dont j’ai tellement besoin pour vivre, et qui était devenue tellement variable voire complètement absente par moments, ces derniers jours. Dans un contexte émotionnel complexe, je me suis observé écouter d’autres personnes résumer ma vie et pourquoi je me retrouvais là, comprenant que la manière dont sortaient les mots de leur bouche et l’incohérence que j’y voyais, me démontrait une fois de plus que, lorsqu’on s’exprime, on ne parle que de soi finalement, même si on croit décrire des faits.

Toute la difficulté pour moi, ma souffrance du moment, était de nourrir cet espace de confiance dont j’avais besoin et de laisser s’exprimer ce qui me semblait absurde, jusqu’à un certain point. C’est pour moi une démarche d’amour, tout comme ce que disent et vivent les autres membres dans cette histoire, chacun a sa manière et avec ses propres peurs et son propre regard sur le sujet !

Finalement pas d’hospitalisation d’urgence, une psychiatre qui insiste pour que je prenne des cachetons et que j’en bouffe un de suite s’il vous plaît…. je lui explique que l’enfer il est avant tout en moi et que je souhaite rentrer avec ma maman qui semble me faire confiance, et prendre les cachets si j’en ai besoin. Une fois sortis, on dénoue un peu le truc et peu à peu je réalise vraiment à quel point chacun à souffert, et souffre encore… chacun à sa manière. Et moi aussi bien évidemment ! Peu à peu s’éveille en moi une profonde douceur, un profond amour qui me l’aise percevoir le schéma mental dans lequel je m’étais enfermé pendant quelques jours.

Qui donne à qui ?

Me voilà à nouveau reparti vers d’autres horizons pour continuer mon chemin avec cet objectif temporaire : me prouver et prouver à ma famille que la bipolarité n’existe que si on la crée par nos réactions d’enfermement face à quelqu’un qui se libère rapidement et qui en perd à ce moment certains repères. C’est à ce moment que la confiance est nécessaire, lorsque chacun se retrouve confronté, guidé d’une certaine manière par ses propres peurs, son propre fonctionnement. Toute la subtilité dans ce qu’on appelle crise bipolaire c’est d’oser cette confiance, tellement nécessaire au moment où l’individu n’en peux plus, se sent trahi, enfermé, contrôlé, incompris.

J’aime mon corps et j’aime la vie, c’est bien ça toute la difficulté dans cette histoire ! Je le dis encore en toujours…. tout n’est qu’une histoire de ressenti et de rapport à notre corps, d’équilibre coeur/corps/esprit. C’est ça que je comprends encore et encore, et notamment lorsque j’en prends soin hier après midi en allant aux thermes, me relaxant peu à peu pour finalement danser librement dans le hammam et dans le bassin sous l’eau ! Quel bonheur, cette liberté qui rejoint de plus en plus celle des autres, d’une certaine manière !

J’ai besoin de créer, d’utiliser toute cette énergie dont je dispose de plus en plus, et pour cela j’ai besoin de variété. C’est cela qui m’aide d’une certaine manière à utiliser ce cerveau qui devient si particulier, pour autre chose que chercher à me comprendre sans expérimenter, ce qui me mène à la folie, soyons clairs ! J’attends donc de ce prochain séjour hospitalier qui devrait arriver en douceur, de comprendre et de faire comprendre à ma famille qu’on est tous pris dans un machin émotionnel complexe et qu’on est là pour le dénouer peu à peu, à commencer par moi en obtenant peu à peu les analyses que je demandais !

On peut s’en douter j’ai plein d’autres idées et de projets à vivre dans cet établissement. ..et tout le jeu pour chacun sera de s’adapter, oser la confiance peu à peu, se rejoindre temporairement dans un terrain commun lorsque la peur se présente, qu’on l’appelle règlement ou loi ou tout autre chose et qu’elle se confronte à la peur de celui qui veut être libre, en l’occurrence moi !

C’est finalement le jeu de la vie, ce jeu d’adaptation nécessaire à l’autre, à soi, au monde… et cette adaptation je la souhaite dans la confiance, puisque je suis comme un capteur de peurs et de conditionnement ! Confiance en moi, confiance en toi, confiance que la vie c’est ça tout simplement, des choix continuels entre la peur et l’amour, d’une certaine manière ! Alors osons la joie, osons la confiance, osons l’amour, qui bien souvent, ne sont pas ce qu’on croit !

4 réponses à Oser la confiance

Laisser un commentaire