Osons la joie !

L’alchimie émotionnelle et Vipassana

- 08h33

Dernières modifications :

5 juin 2017 - 07h17

Je vois de grandes similitudes et une belle complémentarité entre l’alchimie émotionnelle et la méthode de méditation Vipassana. En effet, ces deux outils de libération se basent sur les mêmes principes : toute émotion, non libérée au moment où elle survient, s’inscrit dans le corps et dans l’esprit. Notre corps est ainsi un véritable disque dur contenant tout le poids (et toutes les richesses !) de notre passé. Il nous invite constamment à retourner vers lui, et par la même vers soi, quelle qu’en soit la méthode : myopie, eczéma, douleurs diverses, accidents…

En ce qui me concerne, mes cinq sens de base étaient touchés, et se libèrent peu à peu : rougeurs et petits boutons sur la peau, pas une seule dent non cariée, myopie, perception des ultrasons d’une oreille, légère gêne respiratoire constante. Il est évident pour moi aujourd’hui que tous ces signes, ajoutés aux tendinites récentes (ou tout le moins récemment conscientisées) sont une invitation claire à prendre conscience de mon corps, à partir à la découverte de ce qui se passe en moi, tel un explorateur choisissant les outils qui lui conviennent, écoutant les avis, testant, établissant des hypothèses pour enfin ne plus croire ce qu’on lui dit (ce qu’on lui suggère pour se rassurer soi-même), ayant acquis suffisamment de confiance en sa méthode pour atteindre progressivement des couches de plus en plus profondes.

Alchimie émotionnelle et vipassana

Revenons au sujet de départ. Vipassana propose de partir à la découverte des sensations dans le corps, de manière statique, laissant survenir toute sensation sans y réagir. Simplement observer, une à une, et constater peu à peu qu’elles sont impermanentes, comme toute chose en cette vie. Par cette observation et cette « équanimité », elles se libèrent et laissent place à d’autres sensations. Ce sont donc ces mémoires évoquées plus haut qui s’envolent peu à peu.

Une limite de Vipassana, qui fonctionne sur ce point de manière opposée à l’alchimie émotionnelle, est le fait de ne pas déterminer consciemment quel difficulté de la vie je traite, puisque j’observe simplement mes sensations, constamment dans mon corps, ou tout le moins régulièrement… ceci étant, il s’agit d’un apprentissage au lâcher prise total !

Cet entraînement à observer ce qui se passe en soi sans le juger se transpose à l’extérieur. Le regard devient plus doux, plus ouvert, plus compréhensif. Peu à peu, le lien devient évident. Tout, dans ce monde, est une question de sensations, dont nous n’avons que partiellement conscience. Et heureusement, sans quoi nous serions saturés si notre corps nous révélait en permanence tout ce qu’il a mémorisé et qui influence notre comportement d’instant en instant ! Et pourtant… je ne peux que raisonnablement penser que les maladies en sont le témoin criant, l’expression même d’une saturation… de sensations !

Toute situation devient une occasion de prendre conscience de ce qui m’habite au plus profond de moi. Que m’apprend cette personne sur moi ? Que me dit ce moustique ? Et cette conscience passe inévitablement par le corps. Une personne me dit quelque chose qui me blesse ? C’est dans le corps ! Un moustique me pique ? Pareil !

Peu à peu, je comprends que je passe la plupart de mon temps à réagir plutôt qu’agir, et je décide de sortir consciemment de ce processus. Quel grand moment, quelle belle étape ! Au sein de ce chemin de libération consciente, je commence à observer des liens entre la sensation, la réaction, la pensée… qui s’affinera ensuite avec l’aide de l’alchimie émotionnelle.

L’alchimie émotionnelle

L’alchimie émotionnelle, telle que proposée par Yann Thibaud, puis par moi-même, propose une approche parallèle sur le principe, mais bien plus complète, rapide et efficace pour différentes raisons. Une approche parallèle car elle se base sur ce principe de laisser émerger l’émotion, la laisser vivre dans le corps sans la juger, jusqu’au point dit de « transmutation », de libération. Une approche complète, rapide et efficace à plus d’un titre.

Tout d’abord, il est possible de traiter n’importe quelle situation, lorsqu’elle survient, ou de manière sélective dans le passé, et pourquoi pas dans le futur ! Ensuite, elle combine toute une série d’outils avérés du domaine de l’accompagnement personnel, ce qui en décuple la puissance. Enfin, en fonction de la capacité de la personne à entrer en elle, et la capacité de l’accompagnant à la guider, on remarque des effets immédiats, parfois fulgurants, ce qui est le cas en ce qui me concerne !

Je remarque par ailleurs que des choses se passent avant même cette entrée en soi ou la rencontre d’autres, sans pour autant savoir consciemment ce qui va se passer. Mais on touche ici au grand mystère de l’univers, qui en restera toujours un, et dont je ne souhaite pas partager ma vision ici, invitant chacun(e) à trouver les réponses dont il a besoin !

La limite des émotions

Je dirais donc simplement que, dans ma vie, Vipassana et l’alchimie émotionnelle ont été deux outils essentiels dans mon (r)éveil. Tout comme chaque outil, chaque situation, chaque parole donnée, chaque geste, il en est de ceux qui nous conviennent et de ceux qui ne nous conviennent pas, au moment où nous les recevons. Il en va de même, à mon sens, de l’alchimie émotionnelle. En effet, je remarque toutes sortes de mécanisme de défense afin de ne pas entrer en contact avec ses émotions.

Cette alchimie d’outils, et la liberté intérieure qui en découle, me permettent de me guider et de guider peu à peu l’autre à la recherche de ses propres réponses. L’alchimie émotionnelle, combinant une série de pratiques, s’associe elle-même à d’autres pratiques, par le biais de mon intuition et de ma propre expérience, et devient ainsi peu à peu une attitude, une véritable posture de vie au sein de laquelle il devient bien souvent inutile et réducteur de nommer les choses.

Dans ma vie, l’alchimie émotionnelle redonne la place à l’expression des émotions, que j’avais perdue avec ma pratique de Vipassana, et ma vie devient mobile, pétillante, joyeuse et contagieuse (enfin… j’espère). A l’inverse, le lâcher prise, la conscience du souffle et du corps acquise en partie grâce à Vipassana m’aident à me reconnecter, me centrer, m’apaiser lorsque je suis en proie à de trop fortes sensations/émotions, ou lorsque j’en sens le besoin, tout simplement !

Actuellement, je ne pratique plus Vipassana tel que la méthode m’a été enseignée. Comme pour le Yoga ou d’autres pratiques, c’est plutôt une intégration de ces outils qui font maintenant partie de ma personne, de mes réflexes, mes processus régulateurs, ma personnalité. Je peux donc méditer coucher, assis, en parlant, en dansant… méditer prend un autre sens, ou le perd peu à peu, c’est selon.

Ceci étant, certaines personnes auront peut-être besoin d’une expérience méditative statique plutôt que de libération émotionnelle ou de mouvement, d’autres de soins énergétiques, d’autres de faire du sport… et ce en fonction de tellement de paramètres et aucun à la fois… alors suivons notre cœur, notre intuition, tout simplement, pour discerner, tester et évaluer pour nous-même ce qui est bon ! Vipassana est bon pour moi, et peu importe ce qu’on en pensera !

Une réponse à L’alchimie émotionnelle et Vipassana

Laisser un commentaire